MIF

L’Alliance du Made in France : une mobilisation inédite pour renforcer notre souveraineté industrielle

Dans un contexte international tendu, marqué par l'assaut des plateformes chinoises d'ultra fast fashion et où les transitions écologiques et numériques sont plus que jamais d'actualité, réindustrialiser la France est une priorité. 

Pour répondre à cet impératif, une étape importante a été franchie le 28 janvier : le lancement , à l'initiative de la CPME, de l'Alliance du Made in France, qui réunit partenaires sociaux et acteurs économiques autour d’objectifs concrets.

Passer du constat à l'action

Réunissant pour la première fois organisations patronales, partenaires sociaux et acteurs économiques autour d’objectifs communs et opérationnels, cette initiative a été co-fondée par la CPME avec la CFTC, la CFE-CGC, le Salon du Made in France, l’OFG, l’Union des Industries Textiles (UIT) et le Réseau Excellence EPV,

La conférence de presse de lancement, qui s'est tenue le 28 janvier au Conservatoire national des Arts et métiers, a drainé une vingtaine de journalistes de premier plan, dont  Les Échos, France Info, Le Figaro, Le Monde, L’Audace, Politico, l'AFP….

Autour d' Amir Reza-Tofighi, tous les fondateurs étaient présents : François Hommeril, président de la CFE-CGC, Olivier Ducatillion, président de l’union des industries textiles et membre du Comex CPME, Cyril Chabanier, président de la CFTC, Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’Economie et des finances, Olivier Lluansi, professeur au CNAM, Gilles Attaf président d’Origine France Garantie, Fabienne Delahaye, présidente du Salon du made in France et Tristan De Witte président de Réseaux Excellence EPV

L’ambition de l’Alliance est claire : passer du constat à l’action, en valorisant davantage la production française et en recréant de la valeur sur le territoire. « Produire en France, ce n’est pas une nostalgie, c’est une stratégie économique »,  a déclaré Amir Reza-Tofighi en ouverture de la conférence, « Notre modèle social a besoin de valeur créée ici, dans nos entreprises et nos territoires. »

Pour y parvenir, l’Alliance va enclencher trois chantiers prioritaires, concrets et complémentaires.
 

La commande publique, levier clé pour l’activité des PME

Premier chantier, la commande publique est un enjeu central pour les TPE-PME. Aujourd’hui, seuls 22 % des achats publics sont fléchés vers la fabrication française, alors que la commande publique représente au moins 170 milliards d’euros par an. Pour l’Alliance, ce potentiel reste largement sous-exploité.

L’objectif n’est pas de remettre en cause le cadre européen, mais de mieux apprécier la valeur économique globale des achats, au-delà du seul prix facial : emploi local, retombées fiscales et sociales, dynamisme des territoires.

Une approche étayée par l’étude UIT/KPMG, qui montre qu’une entreprise produisant en France réinjecte en moyenne 84 % de son chiffre d’affaires dans l’économie nationale, contre 35 % pour un importateur.

« Nous souhaitons prendre des mesures pragmatiques, réalisables dans un temps court et nécessitant peu de moyens financiers », a insisté Olivier Ducatillion
 

Former à la réindustrialisation 

Pour relancer durablement la production en France, il faut renforcer les compétences industrielles et mieux répondre aux besoins des entreprises, notamment des PME confrontées à des difficultés de recrutement.

L’enjeu est double : adapter l’offre de formation aux réalités économiques et redonner de l’attractivité aux métiers industriels. La formation est ainsi pensée comme un levier structurant pour sécuriser les parcours professionnels, soutenir l’innovation et accompagner la montée en gamme de la production française.
 

Mobiliser l’épargne pour financer l’industrie

Si l’épargne des Français est abondante, elle reste encore insuffisamment orientée vers l’investissement industriel.

L’objectif est d’identifier des solutions permettant de mieux flécher les financements vers les entreprises productives, en particulier les PME, afin de soutenir l’investissement, la modernisation des outils de production et la relocalisation d’activités.
 

Prochaine étape : la mise à l'agenda politique de ces trois leviers. Avec cette Alliance, la CPME et ses partenaires entendent s’inscrire dans une démarche d’action dans la durée, structurée autour d’une méthode claire : priorisation des chantiers, mesures concrètes, suivi des résultats.

« Le Made in France n’est pas une étiquette, c’est un projet économique et social », rappelle Amir Reza-Tofighi.